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Pyrale du buis

La Pyrale du Buis (Cydalima perspectalis) a été observée pour la première fois en Rhône-Alpes en 2013 et s’est depuis largement répandue sur le territoire, avec localement de très fortes pullulations. Comme son nom l’indique, elle se développe sur les buis (arbustes du genre Buxus).

Origine et répartition géographique

Originaire de Chine, cette espèce a été retrouvée dans divers pays d’Europe ces dernières années. Présente en Allemagne et en Suisse depuis 2007, elle a été repérée en Alsace en 2008, en région parisienne dès 2009. Sa progression est donc très rapide puisqu’elle a été retrouvée presque tout le long du Rhône en 2013 (de Valence à Villefranche-sur-Saône) et dans d’autres régions françaises cette même année (Franche-Comté, Ile-de-France…). En région Rhône-Alpes, l’espèce est aujourd’hui présente dans tous les départements.

Elle peut réaliser jusqu’à trois générations dans l’année si les conditions climatiques sont favorables. Les chenilles (mesurant 4 cm au dernier stade) ont une tête noire brillante, un corps rayé de diverses teintes de vert et des soies blanches non urticantes. Les adultes sont des papillons aux ailes blanches entourées de noir et au reflet irisé (rose). Il existe des formes mélanisées des adultes qui ont les ailes uniformément marron avec le reflet irisé.

Dégats

Pyrale du buis : attaque de pyrale du buis dans la forêt de la vallée de la Cance (Talencieux, 07)

chenilles sur un rameau de buis dont l’écorce a été rongée

Les jeunes chenilles se nourrissent des feuilles de buis, parfois de l’écorce en cas de pullulation. L’arbuste prend donc un aspect desséché, les crottes et soies laissées par les chenilles achèvent de dégrader l’aspect esthétique des buis. Les fortes attaques peuvent mener à la mort des arbustes.

La pyrale du buis a dans un premier temps été une préoccupation pour les pépiniéristes, ainsi que les jardiniers amateurs et professionnels. En effet, les buis d’ornements ont été les premiers touchés, mettant en péril l’art taupière et les alignements caractéristiques du jardin à la française.

forte attaque dans la forêt de la vallée de la Cance (Talencieux, 07)


En 2015, la situation en Rhône-Alpes est devenue également inquiétante du point de vue écologique, avec les premiers signalements de peuplements naturels de buis attaqués près de Crémieu, dans l’Ain. En 2016, les dégâts ont explosé dans les buxaies de l’Ardèche, de la Drôme, de l’Isère, de l’Ain et de Savoie. Le Rhône est également touché. Dans les cas les plus graves, tous les buis d’un ensemble forestier sont complètement défoliés. Ces attaques ont des conséquences multiples : perte de lieux de refuge pour la faune sauvage, augmentation du risque incendie, mais aussi érosion des sols, risques accrus de glissements de terrain en cas de mort des végétaux.

Enfin, les fortes pullulations constituent une gêne pour les promeneurs et habitants des zones les plus touchées (chenilles se laissant pendre au bout d’un fil de soie à la recherche d’un nouvel arbuste, nuées de papillons volant la nuit et rentrant dans les maisons, etc.).


Moyens de lutte

En milieu forestier, aucun moyen de lutte n’est aujourd’hui applicable, pour des raisons économiques, techniques et environnementales, même si des pistes sont actuellement étudiées par la recherche (parasitoïdes oophages).

En milieu urbain et péri-urbain, pour les collectivités et les particuliers, des solutions existent : la lutte précoce par pulvérisation d’un insecticide biologique à base de Btk (pour Bacillus thuringiensis var. kurstaki, une bactérie sécrétant une toxine mortelle pour les chenilles après ingestion) sur les feuilles attaquées est efficace pour réguler les populations.

Il existe des pièges à phéromones permettant d’attirer spécifiquement les papillons mâles. Composés d’un réservoir contenant un liquide mouillant surmonté d’un entonnoir, les pièges sont appâtés avec des phéromones imitant celles émises par les femelles. Les papillons ainsi piégés ne pourront pas se reproduire. Les pièges doivent être positionnés de mars à septembre à proximité des buis. Le réservoir est à vider régulièrement et la capsule de phéromones doit être changée tous les mois. Si le piégeage seul ne suffit pas à diminuer fortement les populations de pyrale, il permet de positionner le plus efficacement possible les traitements au Btk (idéalement 7 à 10 jours après le pic du nombre d’adultes piégés), car ces derniers sont efficaces surtout sur les jeunes chenilles.

L’utilisation d’insecticide est déconseillée pour les adultes, car cette action est très peu ciblée sur l’espèce problématique et le risque pour les usagers des zones traitées n’est pas négligeable.

La prophylaxie et la lutte mécanique (arrosage au jet d’eau sous pression) constituent des leviers complémentaires et indispensables à une gestion durable du ravageur. A ce sujet, plus d’éléments sont disponibles dans la fiche technique téléchargeable ci-dessous.

Documents liés :

Sources :
– DRAAF Auvergne Rhône-Alpes
– INRA – Unité Expérimentale Entomologie et Forêt Méditerranéenne
– Progamme SaveBuxus – volet pyrale
– Société Alsacienne d’Entomologie